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Chapitre 6

Collection:Le Livre de Job et 42 peintures
Auteur:Fr. Antonio Oteiza
Type:Peinture
Localisation:Salle de catalogage
Caractéristiques: Peinture acrylique sur carton
Œuvre:
Chapitre 6

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Description:

Job répondit :

Si seulement on pouvait peser ma peine et mettre ensemble tous mes malheurs sur la balance, ils seraient plus lourds que le sable ; voilà pourquoi mes paroles s’égarent.

Les flèches du Tout-Puissant sont plantées en moi, et je sens leur poison pénétrer en moi ; les terreurs de Dieu se sont déployées contre moi.

L’âne sauvage brait-il devant l’herbe ? Le bœuf mugit-il devant son fourrage ? Mange-t-on sans sel ce qui est insipide, ou trouve-t-on du goût au jus de mauve ?

Ce qui me répugnait est maintenant ma nourriture détestable.

Ah ! si seulement ce que je demande pouvait s’accomplir et si Dieu m’accordait ce que j’espère : que Dieu daigne m’écraser et tranche d’un seul coup le fil de ma vie.

Ce serait pour moi une consolation : même torturé sans pitié, je bondirais de joie, car je n’ai pas renié les paroles du Saint.

Quelles forces me reste-t-il pour résister ? Quel destin puis-je encore espérer pour garder patience ?

Ma force est-elle celle des rochers, ou ma chair est-elle de bronze ?

Je ne trouve plus aucun soutien en moi-même, et la chance m’abandonne.

Le malade a droit à la fidélité de ses amis, même s’il oublie la crainte du Tout-Puissant ; mais mes frères me trahissent comme un torrent, comme un cours d’eau lorsque son débit s’épuise : ses eaux descendent troubles des champs de glace où se cache la neige ; mais aux premières chaleurs, elles se dessèchent et, sous la canicule, disparaissent de leur lit. Elles détournent leur cours, s’enfoncent dans le désert et disparaissent.

Les caravanes de Téma les recherchent, et les convois de Saba comptent sur elles ; mais leur espérance est déçue et, lorsqu’ils arrivent, ils restent désappointés. Ainsi en est-il de vous : vous êtes devenus néant ; vous voyez quelque chose de terrible et vous prenez peur.

Vous ai-je demandé de donner quelque chose pour moi, de payer de votre poche une quelconque rançon, de me délivrer de mon adversaire ou de me racheter d’un pouvoir tyrannique ?

Instruisez-moi, et je garderai le silence ; montrez-moi en quoi je me suis trompé.

Comme elles sont convaincantes, les paroles vraies ! Mais que prouvent vos arguments ?

Prétendez-vous réfuter mes paroles, alors que les paroles d’un homme désespéré ne sont que du vent ?

Vous seriez capables de tirer au sort un orphelin et de marchander le prix d’un ami.

Maintenant, regardez-moi attentivement : je jure de ne pas vous mentir en face.

Continuons, je vous en prie, mais sans malveillance ; continuons, car mon innocence est en jeu.

Y a-t-il de la méchanceté sur mes lèvres ? Ma bouche ne sait-elle pas peser ses paroles ?

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