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Saint François d’Assise

Collection:Saints en bronze (Antonio Oteiza)
Auteur:Fr. Antonio Oteiza
Numéro d'inventaire:MCO-AO-RE-00053
Type:Relief
Localisation:Salle de catalogage
Caractéristiques: Saint François d’Assise est un relief en bronze de format étroit, marqué par une forte verticalité et installé sur un support en bois. La figure n’est pas enfermée dans une plaque rectangulaire : son propre contour, irrégulier et autonome, détermine les limites de la composition. Le corps est construit à partir de grands plans, de variations d’épaisseur et de fragments de matière qui remplacent la description anatomique conventionnelle. Les épaules s’ouvrent dans la partie supérieure, tandis que l’habit descend en une forme continue qui se resserre progressivement jusqu’aux pieds. Le visage, encadré par la capuche, est traité avec très peu de traits. Les bras convergent vers le centre du torse, où les mains soutiennent une forme cruciforme intégrée à l’ensemble. À la taille, le cordon franciscain est discrètement suggéré et constitue l’un des principaux signes d’identification du saint. La patine reste sobre, dans une gamme de bruns, de terres sombres et de reflets cuivrés. La lumière se concentre sur les zones les plus saillantes — le visage, les mains, la croix et les bords de l’habit — tandis que les creux et les plis conservent des tonalités plus profondes.
Œuvre:
Saint François d’Assise

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Description:

Antonio Oteiza réduit l’image de saint François à quelques éléments essentiels : l’habit, le cordon, la croix et une attitude de profond recueillement. Il ne représente aucun épisode précis de sa vie et ne recourt pas aux miracles traditionnellement associés au saint. L’œuvre se concentre sur ce qui a défini son existence : le désir de vivre l’Évangile dans la pauvreté, la fraternité et l’identification au Christ.

La verticalité prononcée organise toute la composition. Le corps s’élève comme une forme étroite, ascendante et presque colonnaire, transmettant une impression de fermeté sans devenir rigide. La légère inclinaison de la tête et le mouvement des bras vers la poitrine introduisent une tension intérieure qui anime l’immobilité frontale.

Le visage offre peu d’informations individuelles. Oteiza ne cherche pas à construire un portrait physique de François, mais à exprimer une manière d’être. La tête baissée, les épaules retenues et les mains réunies transforment la figure en une présence silencieuse, définie davantage par son attitude que par ses traits.

Le centre expressif se situe au niveau de la poitrine. Les bras, les mains et l’élément cruciforme y convergent. La croix n’est ni levée ni montrée au spectateur comme un emblème ; elle reste étroitement liée au corps. Cette proximité transforme l’attribut en réalité intérieure : François ne se contente pas de tenir la croix, il semble l’avoir intégrée à sa propre existence.

L’habit occupe presque toute l’œuvre et absorbe une grande partie de l’anatomie. Ses surfaces larges, ses plans brisés et ses irrégularités font du vêtement la véritable structure de la figure. Le corps individuel s’efface sous une forme austère qui renvoie au dépouillement franciscain et au renoncement à tout ce qui est superflu.

La surface n’a pas été lissée pour produire une image idéalisée. Les incisions, les fissures, les plis brusques et les accumulations de matière conservent l’énergie du modelage. La figure semble émerger d’un bronze encore rugueux et résistant.

Cette dureté matérielle n’affaiblit pas la dimension spirituelle du relief ; elle la rend plus humaine. Oteiza ne représente pas une sainteté étrangère à la souffrance ou à la vulnérabilité, mais une transformation qui s’accomplit en elles. La pauvreté de François ne se réduit pas à l’absence de biens : elle devient liberté intérieure et manière de faire place à Dieu comme aux autres.

La patine chaude accompagne cette lecture sans introduire de contrastes chromatiques excessifs. Les bruns et les tons cuivrés unifient la figure, tandis que la lumière apparaît par intermittence sur les mains, le visage et la croix. Ces reflets conduisent le regard de l’identité du saint vers le centre spirituel de la composition.

Le support en bois établit un contraste entre deux matériaux de nature différente. Face à la densité et à la permanence du bronze, le bois apporte un fond plus organique et plus chaleureux. La silhouette conserve ainsi son autonomie et acquiert une présence proche de la sculpture en ronde-bosse, tout en restant conçue pour une contemplation frontale.

Saint François fonda l’Ordre des Frères Mineurs et devint la racine spirituelle d’une vaste famille religieuse, à laquelle appartiennent également les capucins. Son influence ne repose pas seulement sur un enseignement, mais sur la radicalité avec laquelle il transforma l’Évangile en forme de vie : proximité avec les pauvres, fraternité, réconciliation, soin de la création et confiance en Dieu.

Antonio Oteiza condense cet héritage dans une image d’une remarquable économie formelle. Il n’a besoin ni d’une foule, ni d’un paysage, ni d’une scène biographique. Un corps dépouillé, des mains qui soutiennent et une croix intégrée à la matière lui suffisent.

Saint François d’Assise propose une sainteté sans distance ni grandiloquence. La figure ne s’impose pas ; elle demeure présente. Par sa verticalité, son silence et sa pauvreté formelle, l’œuvre rappelle que la véritable grandeur de François naquit de sa volonté de se faire petit, de reconnaître le Christ dans les plus vulnérables et de transformer la foi en fraternité.

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